AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion




 

Partagez | 
 

 Car tout est de votre faute ? [ PV Drew W. Northwoods ]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar


Messages : 24
Masculin



MessageSujet: Car tout est de votre faute ? [ PV Drew W. Northwoods ]    Sam 1 Mar - 16:03

Head


Tu les avais toujours détestés pour ta solitude et ta vie ratée, tu aurais aimé revoir Shalley et ton père, mais tu ne verrais plus leur sourire, du moins pour le moment. Tout ça à cause du sang qui coulait dans tes veines celui des Northwoods , ce sang qu'avait craché ton père dans cette soirée du XIX éme siècle. A présent tu étais seul et plus personne n'attendait quoi que ce soit de toi.

Mais quelque chose hantait ton sommeil, cet homme blond, cette cheville que tu avais agrippé avant que la mort ne t'agrippe. A qui était-elle ? Mais seuls tes rêves avaient encore la force de chercher. Soudain un bruit et tu ouvris les yeux. On venait, peut-être un domestique ou une autre personne...Quoi qu'il en soit tu ne voulais pas le voir.

Tu rangeais vite le livre que tu lisais, sur le rang du bas, avant de t'être assoupi contre une étagère de la bibliothèque plus par habitude qu'autre chose, "Les Trois Mousquetaires", roman d'Alexandre Dumas, Tu avais ri bon nombres de fois de la maladresse du jeune d'Artagnan, admiré son courage quant il vient au secours de la reine tombée dans un complot et frissonné aux intrigues, décapitation, duels et empoisonnement du livre avant d'exploser de joie quand d'Artagnan devient officiellement mousquetaire.


Ce livre que tu avais lu un nombre incalculable de fois comme la plupart des livres de la bibliothèque se renouvelait, grâce à ton imagination fertile, à chaque lecture. Tu te levais un peu courbaturé. Tu devins immatériel et passa à travers une étagère en riant. Tu courus à travers la bibliothèque te rendant matériel et immatériel à loisir, passais devant un bureau où tu n'étais jamais entré et tombais dans la salle d'étude. Tu caressais du bout des doigts le bois sec d'un pupitre, elle sentait l'encre et la poussière. Elle te rappelait  l'école privée et les longue heures de travail, tu murmuras :
« Auparavant, tout ceci avait un sens...je n'étais pas seul. »

Tu tapais sur le mur de tes petits poings avant de te recroqueviller, la tête dans les genoux.


«Nourrice, Papa, Shalley, je me sens si seul ici...Quand est-ce qu'on rentre à la maison ? »


Cette tristesse que tu ne montrais jamais à personne tu la laissas couler en grosses larmes enfantines. Puis les minutes passèrent et tu te calmas.

Tu avais pour projet ce soir, projet imaginé à l'instant, d'écrire et de composer un drame qui se déroulerait dans une sorte de jeu de piste dans le manoir. La personnage principale serait une princesse enfermée dans ce manoir par un vieux rabougri et dont un mousquetaire devrait venir à sa rescousse. Ce serait un opéra avec des musiques magnifiques, un jeu d'ombres et de lumière, de la danse aussi délicate qu'une larme de rosée, essuyée par la musique finale triomphante, éclatante, éblouissante ! Mais d'abord tu devais choisir les lieux où se déroulerait l'action.

Tu te pris vite au jeu. Tu te levas et te saisis de la longue règle accrochée au mur la brandissant comme une épée.


«  Malgré mon rang inférieur, malgré mon sang non noble,  et mon amitié pour vous qui doit rester respectueuse je vais vous sauver princesse ! »


Tu lâchais la règle et dans un rire t'élançais à travers le premier mur venu puis un autre et encore un autre, rien ne pouvait t'arrêter dans ta course ! Jusqu'à ce que tu arrives à une chambre...

Un jeune homme dormait dans la pièce, tu avais entendu parler de lui mais ne lui avais jamais parlé, sa respiration était calme par rapport à ton sang bouillonnant de colère. A cause de sa famille, tu te retrouvais là loin de tout et si seul si seul !

Tu toussotas et le garçon sembla s'éveiller. Tu ne jouais plus. Tu n'avais pas envie de lui parler mais en même temps ta colère pulsait dans l'air. Un rayon de lune  traversa la pièce et ton corps enfantin habillé d'un costume gris et blanc de petit garçon bourgeois sortit de l'ombre. Tu te saisis d'un coussin sur le fauteuil et lui balançais à la figure :


« Je vous déteste ! Je vous déteste ! Vous et votre famille ! »


Mais malgré les siècles, Robin, tu restais un garçon de neuf ans livré à lui même, seul, à qui on ne disait rien dans ce monde énigmatique. Alors sur tes joues une larme tomba que tu essuyas vite par fierté.


« Si vous pouviez mourir pour de vrai je serai bien heureux ! »
Dis-tu la voix tremblante.

«  Car tout est  de votre faute ! Le fait que personne ne me dise rien, ma mort...ma solitude ! Sans votre machiavélique famille, je serai encore avec papa et mon amie Shalley Ravenshill ! Je serai devenu un adulte et j'aurais écrit de grands opéras et papa et Shalley auraient guéri ! Et on serait heureux comme dans "Princesse Ida" ! Mais il a fallu que votre diabolique famille m'invite ! »
t'exclamas-tu un peu plus assuré.

« Ils ne reviendront plus ! Ils ne reviendront plus ! Nourrice avait tort, ils restent pas vivant dans la tête et le cœur ! Sont morts c'est tout ! Et moi, je suis...je ne sais même pas ce que je suis et pourquoi je le suis !  Vous comprenez ça ???? Vous comprenez ça ???? »
crachas-tu.

Et ton corps enfantin craqua de tant de haine gardée des siècles et tu éclatas en sanglots cachant tes larmes derrière tes mains du mieux que tu pouvais :
« Je vous déteste Monsieur  Northwoods ! Vraiment ! »

Tu essuyais ton petit nez et levas de nouveau fièrement la tête fixant le plus grand avec dureté, ton petit corps tremblait : «  Car tout est de votre faute ! »

[ HRP : A toi ^^]


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Messages : 35
Masculin



MessageSujet: Re: Car tout est de votre faute ? [ PV Drew W. Northwoods ]    Sam 1 Mar - 20:21

Je me retournai dans mon lit, rabattant les draps doux et chauds sur moi et enfouissant mon visage dans mon oreiller. Dans les tréfonds du manoir, une heure du matin venait de sonner et je ne dormais pas. Je n'étais certes pas fatigué – je ne l'étais plus jamais – mais la perspective de passer les longues heures qui restaient à venir avant le lever du soleil à me demander quoi faire m'était pénible, aussi avais-je décidé d'aller dormir tôt. Mais le sommeil ne venait pas, l'obscurité de ma chambre me tourmentant et me hantant. Je serrai les doigts autour du tissu qui me recouvrait et le rabattit sur ma têt, comme pour chasser la réalité et inviter Morphée à finalement m'enlacer.

J'ai le sommeil léger, particulièrement depuis ma mort.  Ainsi, le léger bruit qui résonna soudainement dans la pièce suffit à me sortir de ma torpeur.  J'aurais pu refermer les yeux et repartir dans mes songes très rapidement si un objet non identifié n'était pas venu l'instant d'après s'écraser sur mon nez avec violence.  Bondissant pour m'asseoir, je tentai de scruter la chambre, les yeux encore emplis de sommeil.  Une figure floue se tenait dans l'obscurité au pied de mon lit et le son lointain qui parvenait à mes oreilles m'indiqua qu'elle devait être en train de parler.

...Shalley Ravenshill ! Je serai devenu un adulte et j'aurais écrit de grands opéras et papa et Shalley auraient guéri ! Et on serait heureux comme dans "Princesse Ida" ! Mais il a fallu que votre diabolique famille m'invite !

Ida ?  Ida qui ?  Je ne connais pas d'Ida...  C'est une erreur, il s'est trompé de chambre.  Ce n'est certainement pas celle d'Ida...  Ni celle de Shalley d'ailleurs.  Je ne connais pas de Shalley non plus...

▬ Ils ne reviendront plus ! Ils ne reviendront plus ! Nourrice avait tort, ils restent pas vivant dans la tête et le cœur ! Sont morts c'est tout ! Et moi, je suis...je ne sais même pas ce que je suis et pourquoi je le suis !  Vous comprenez ça ???? Vous comprenez ça ????

Ida n'était pas le problème. J'amenai mes mains au niveau de mon visage, frottant mes yeux pour en chasser le brouillard dans lequel j'étais perdu. La question était « qui est-là et comment est-il arrivé ici ? ». Oh, et qu'il arrête de crier aussi.  Ce serait bien.

▬ Je vous déteste Monsieur Northwoods ! Vraiment ! Car tout est de votre faute !

Je voyais clairement maintenant. Un gamin en pleurs à moins de deux mètres de mon lit, qui venait de hurler un long monologue après m'avoir lancé un objet quelconque au visage.  Je le dévisageai pendant un long moment, tentant de l'identifier.  N'était-ce pas le petit qui restait toujours tout seul ? J'en étais venu à croire qu'il ne savait pas parler.  Il s'appelait... Colin ?  Quelque chose comme ça...

▬ ... Je n'ai rien compris.  Quelqu'un est mort... ?  Et je ne sais pas où est Ida...  Je ne la connais même pas...

Ma voix paraissait encore emplie de fatigue tandis que je déblatérais des choses qui n'avaient aucun sens.  Je n'avais rien fait qui mérite qu'on me crie dessus.  Et, en fait, je n'avais même aucune raison de laisser un gamin que je ne connaissais même pas me parler ainsi.  En venant à cette réalisation, je fus à mon tour pris d'une vague de colère, rejetant les draps et me hissant hors du lit pour marcher vers l'enfant qui avaient probablement deux têtes de moins que moi. Si pas trois.

Vêtu seulement d'une robe de chambre et mes cheveux blonds tout ébouriffés, je n'avais pas un air des plus sérieux, mais qu'importe.

▬ Mais quoi qu'il en soit, tu m'expliques de quel droit tu débarques dans ma chambre comme ça ?  Pour me hurler tes bêtises ?  La porte était fermée, non ?  Je ne sais pas pour qui tu te prends, mais tu cherches vraiment les ennuis, petit !

Mes sourcils froncés par la colère, je plantai mon regard dans celui du garçon, serrant les poings et me préparant à le jeter dehors, par la fenêtre s'il le fallait.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://northwoods-manor.forumactif.fr
avatar


Messages : 24
Masculin



MessageSujet: Re: Car tout est de votre faute ? [ PV Drew W. Northwoods ]    Lun 3 Mar - 11:21

Head


«  ... Je n'ai rien compris.  Quelqu'un est mort... ?  Et je ne sais pas où est Ida...  Je ne la connais même pas... »

Ton sang ne fit qu'un tour, cette famille que ton père t'avait tant glorifié te vantant ses mérites et sa culture, ne connaissait même pas cet opéra ? Mais avant que tu ne dises quoi que ce soit d'autre, le jeune homme avait poussé brusquement ses draps et avait marché vers toi, en colère apparemment.

Il était vraiment grand par rapport à toi le jeune homme. Ton regard s'assombrit, toi aussi tu aurais fait cette taille si tu n'étais pas mort. Peut-être même serais-tu devenu plus grand que lui ! Mais non et tout ça par sa faute à lui et à sa famille. Tu serras tes petits poings pour contenir ta colère avec difficulté. Tu ne voulais pas exploser à nouveau, pas pour le moment, ton père t'avait toujours dit qu'un gentilhomme devait écouter les arguments de la personne contre laquelle il se disputait. Tu étais un gentilhomme, en tout cas plus que ce comédien de famille riche en robe de chambre et cheveux en épouvantail.


« Mais quoi qu'il en soit, tu m'expliques de quel droit tu débarques dans ma chambre comme ça ?  Pour me hurler tes bêtises ?  La porte était fermée, non ?  Je ne sais pas pour qui tu te prends, mais tu cherches vraiment les ennuis, petit ! »


En fait durant ces siècles, il n'avait pas remarqué ta présence ! Le maraud ! Ton père t'aurait grondé si tu avais dit ce mot tout haut. Tu t'abstins donc de le vociférer. Tu te contentas de fixer ses yeux bleus avec dureté sans un mot. Des yeux de vieilles peintures te dis-tu, ton jugement influencé par l'animosité que tu lui portais.

Bon...apparemment il n'avait rien d'autre à dire pour le moment, tu pouvais donc reprendre la parole.


« Vous êtes un égoïste inculte Monsieur Northwoods ! En plus d'être un meurtrier. »


Malgré ta colère grandissante ta voix était restée relativement calme...la paix avant la tempête... Sans un mot pendant une ou deux minutes, tu fixais son regard. Sans doute ne savait-il pas que tu étais mort...sans doute. Mais tu n'allais, pour le moment pas te donner la peine de le lui dire.


« Ça vous a amusé de voir tous ces gens mourir ? Agoniser doucement, sentir l'air leur échapper remplacé par cette fumée acide, brûlante qui les étranglait ! Ça vous a amusé ?  Ramper, se battre avec angoisse...Certains ont dû abandonner très vite mais d'autres non ! Ils voulaient vivre, vivre ! Et vous, vous les avez laissés brûler ! Laper l'air comme un chien abandonné une écuelle vide, sentir leurs poumons se broyer, leur énergie être asservie par la mort. Cette bataille était inégale Monsieur Northwoods ! Le ventre serré, les membres épuisés, l'étouffante bataille exténuante à chercher un air qui s'avérait être une fumée qui broyait tout, le jugement, le corps et la vie. Cette fumée qui de sa texture corrosive rongeait tels des couteaux, tel un acide, les poumons de ces gens ! Et leur procurait, une douleur, une horrible douleur ! Ça vous a amusé ?  Avouez ! Je ne sais pas qui de votre famille a mis le feu au manoir ! Mais si vous croyez que tout le monde a abandonné directement vous vous trompez car... »


Tu allais continuer pour dire, ce qui aurait révélé ta nature de fantôme, que toi tu t'étais accroché de longues minutes et après avoir agrippé cette cheville avait été un des derniers à mourir, mais tu ne le pus pas...L'angoisse de raconter à voix haute cette scène que tu avais longtemps tue, te fit vaciller, et tu t'écroulais évanoui dans les bras de ce dénommé Monsieur Northwoods.

Peut-être te prendrait-il pour un invité et s'inquiéterait-il que tu en saches autant avec tant de précisions ou peut-être réaliserait-il ta mort...Tu n'en savais rien...Pour l'instant tout était noir et rouge, rouge...


* Des cris, des pleurs, des râles de douleurs...et cette panique qui avait agité la salle soudain encore plus bruyante. Tu avais très vite défailli mais tu refusais d'abandonner.  Tes poumons s'emplissaient vite de cet étau de fumée, et tout ton corps s'épuisait de cette douleur sans nom, ta gorge serrée lapait l'air meurtrier. Mais tu refusais d'abandonner...A genoux, tu rampais comme un jeune enfant s'obstinant à vouloir grandir. Tu étais David, le feu était Goliath. Tu pouvais t'en sortir, tu devais t'en sortir ! On te bousculait, on te piétinait mais tu te remettais toujours à ramper vaillamment, elle ne t'aurait pas, la mort ne t'aurait pas, ton père attendait que tu vives et le représentes, et tu devais écrire de beaux opéras, l'immense douleur n'était rien face à ça ! Tu avançais en rampant jusqu'à un homme blond qui criait, ta vision devenait de plus en plus floue, avancer de plus en plus dur, la douleur de plus en plus forte mais tu te fixais sur cette voix et cette cheville de ce dernier ou d'un de ces derniers survivants, tu ne savais pas, tu ne savais plus. Mais à peine eus-tu agrippé sa cheville de ta main moite d'épuisement et de souffrance que tout tourna autour de toi, une douleur fulgurante et immense t'écroulas au sol pour la dernière fois. Goliath avait gagné malgré le courage de David. Tu avais perdu contre le feu. *


Tu te réveillas en toussant, cherchant l'air paniqué que cette fois-ci tu trouvas...Éclatant en sanglots d'affolement, tu ne te débattis cependant pas, respirant le plus d'air cette fois respirable possible le plus rapidement possible. Quand tu calmas un peu tes larmes tu hoquetas entre celles-ci :

« Je veux mon papa ! Rendez-moi mon papa ! »

Tu n'étais encore à présent, qu'un enfant Robin...


[ HRP : A toi ^^]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Messages : 35
Masculin



MessageSujet: Re: Car tout est de votre faute ? [ PV Drew W. Northwoods ]    Lun 3 Mar - 18:18

L'enfant leva ses yeux emplis de colère vers moi, ne montrant aucune réaction après mon sermon.

▬ Vous êtes un égoïste inculte Monsieur Northwoods ! En plus d'être un meurtrier.

Pardon... ?  Il m'insultait maintenant ?  L'envie de l'attraper par le col et de le l'envoyer valser dans le souloir était forte, mais je me contentai de serrer les poings, contenant ma colère.

▬ Ça vous a amusé de voir tous ces gens mourir ? Agoniser doucement, sentir l'air leur échapper remplacé par cette fumée acide, brûlante qui les étranglait ! Ça vous a amusé ?  Ramper, se battre avec angoisse...Certains ont dû abandonner très vite mais d'autres non ! Ils voulaient vivre, vivre ! Et vous, vous les avez laissés brûler ! Laper l'air comme un chien abandonné une écuelle vide, sentir leurs poumons se broyer, leur énergie être asservie par la mort. Cette bataille était inégale Monsieur Northwoods ! Le ventre serré, les membres épuisés, l'étouffante bataille exténuante à chercher un air qui s'avérait être une fumée qui broyait tout, le jugement, le corps et la vie. Cette fumée qui de sa texture corrosive rongeait tels des couteaux, tel un acide, les poumons de ces gens ! Et leur procurait, une douleur, une horrible douleur ! Ça vous a amusé ?  Avouez ! Je ne sais pas qui de votre famille a mis le feu au manoir ! Mais si vous croyez que tout le monde a abandonné directement vous vous trompez car...

Au moment où je craquai et décidai que, finalement, je pouvais peut-être envisager de le jeter par la fenêtre, le gamin s'effondra contre moi, inerte.  Honnêtement, cela ne m'inquiéta par particulièrement.  Non seulement il était déjà mort, et plus rien ne pouvait donc plus lui arriver, mais la colère qu'il avait fait naître en moi m'empêchait de ressentir la moindre peine.  Il se ressaisit rapidement, se mettant à tousser et se laissant tomber au sol, à présent en pleurs.

▬ Je veux mon papa ! Rendez-moi mon papa !

Je soupirai, de plus en plus agacé par la situation.  Je ne comprenais vraiment pas ce qu'il me voulait et il allait finir par me donner mal à la tête.  Je l'attrapai par le bras, le forçant à se redresser pour m'écouter.

▬ C'est bon, tu as fini ?  Alors maintenant, c'est toi qui vas m'écouter, Colin.  Justin.  C'est quelque chose comme ça, non ?  Tu restes toujours tout seul sans parler à personne, alors ne t'étonne pas si je ne connais pas ton prénom.

Je vins placer mon index droit, tandis que ma main gauche tenait toujours fermement le garçon, et relevai mes autres doigts à mesure que je parlais afin d'accentuer mes différents points.

▬ Premièrement, je ne te permets pas de m'insulter.  Deuxièmement, je n'ai aucune idée de ce que tu me veux alors cesse avec tes sornettes.  Je n'ai tué personne.  Et si tu penses que j'ai laissé des gens mourir, c'est tout aussi valable pour toi.  Vraiment, j'espère que tu plaisantes...  Tu nous accuse sincèrement d'avoir mis le feu au manoir ?  Quelle personne censée incendierait sa propre maison, particulièrement avec eux dedans ?  Car au cas où tu n'as pas remarqué, puisque tu sembles être passé maître dans l'art de penser n'importe quoi, je suis tout aussi mort que toi !

Je réalisai à quel point j'avais resserré mes doigts autour des vêtements du garçon, le tirant vers le haut jusqu'à ce qu'il se retrouve presque sur la pointe des pieds.  J'étais en colère, parce que cet idiot, en plus de m'avoir réveillé, racontait des choses fausses et horribles.  Le ton de ma voix s'était peu à peu élevé et, réalisant à quel point j'en étais arrivé, j'expirai profondément et relâchai la prise que j'avais sur lui avant de continuer.

▬ Troisièmement, maintenant que tu as compris que s'introduire dans la chambre des gens pour les diffamer est mal, tu vas me faire le plaisir de sortir d'ici avec que je ne te sorte moi-même...  D'accord ?

Je lâchai finalement l'enfant, me redressant et croisant les bras contre mon torse.  Je détournai le visage, fermant les yeux comme si j'espérais réaliser que tout n'était qu'un rêve une fois que je les rouvrirais.  Si j'avais su que la nuit allait être aussi désagréable, je n'aurais pas été dormir.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://northwoods-manor.forumactif.fr
avatar


Messages : 24
Masculin



MessageSujet: Re: Car tout est de votre faute ? [ PV Drew W. Northwoods ]    Mar 4 Mar - 0:36

Head

"Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois,
Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,
Plus éclatant que les cymbales ?
Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l'oiseau merveilleux ?
- Ami, dit l'enfant grec, dit l'enfant aux yeux bleus,
Je veux de la poudre et des balles."
"L'enfant" en juillet 1828 de Victor Hugo dans Les Orientales


Tu l'avais laissé te soulever du sol et te broyer le bras. Tu n'avais pas bronché quand il t'avait crié dessus, scrutant chacun de ses mots. Tu avais l'habitude, tu avais beau être un bon élève à l'école, tu avais fait quelques fautes comme chacun et tes professeurs n'avaient pas hésité à te frapper pour que tu comprennes. Tu savais les adultes puissants et c'est pour ça que tu n'en avais pas peur. Ta douleur au bras tu t'en moquais bien. Tu le laissas donc conclure son récit avant d'épousseter tes vêtements sans un mot, tu n'avais pas eu peur. Pourquoi serais-tu effrayé ?


«  Et si je ne sors pas vous allez faire quoi ? Me jeter dehors ? Honnêtement je peux revenir...Dois-je vous rappeler que je peux traverser les murs ? »


Ta voix était restée très calme, tu étais un étrange gamin Robin. Tu finis d'épousseter tes vêtements comme si le jeune homme les avait salis et tu continuas en ces termes :
«  A vrai dire, je n'ai pas l'intention de partir... »

Tu baillas pour montrer ton ennui, puis tu allas t’asseoir sur le lit du jeune homme, sans permission aucune bien entendu.


« Premièrement, je vous insulte si je veux.  Deuxièmement, je m'appelle Robin Northwoods et j'ai neuf ans mais après tout peu importe puisque vous ne semblez pas apprécier les enfants, troisièmement je n'ai pas peur de vous et je désirerai connaître la vérité sur ma mort et pouvoir aller sur la tombe de père et je vous laisserai en paix. »


Tu repris ton souffle avant de continuer par ces mots :


« Vous dîtes que personne de votre famille n'a mis le feu autrefois mais pourtant il y avait bien un feu...Et cet homme aux cheveux blonds qui hurlait et vociférait et dont j'ai attrapé la cheville avant de mourir qui était-ce ? Peut-être sera-t-il meilleure aide que votre piètre démonstration de marmotte. »


Tu levas le regard croisant les yeux bleutés de ton regard noisette :


«  Vous...les adultes...vous êtes toujours ainsi...A tout cacher et à ne rien faire pour nous aider, nous les enfants, sous prétexte qu'on est «  petits », mais je sais depuis plusieurs siècles que vous ne faîtes rien pour arranger les choses ! Bon OK on est mort mais pourquoi ne pas essayer de changer le quotidien au lieu de devenir des automates ? Vous qui me reprochiez de ne jamais parler, sachez que j'observais et ce que j'ai constaté est bien décevant... »

Une moue de dégoût se peignit sur ton visage d'enfant et tu ajoutas l'insulte partant comme une bombe :


« Tous...quel que soit l'âge, vous êtes lâches ! Il arrive à tout le monde de faire des erreurs mais c'est une faute de ne rien vouloir arranger ! »


Tu te levas et caressas ton bras encore douloureux avant d'ajouter :


«  Quoi qu'il en soit je vais m’asseoir là sur votre fauteuil et lire un livre jusqu’à obtenir des réponses, allez vous couchez si bon vous semble mais sachez que je ne me lasse d'aucun livre avant plusieurs dizaines d'années. »

Tu sortis un petit livre de poche de ta poche de costume et t'installas sur le fauteuil, tu le connaissais par cœur en fait alors peu importe la pénombre.

Tout bas mais suffisamment fort pour qu'on t'entende, tout en lisant, tu chantais cette chanson qu'un poème de Victor Hugo dans les Orientales publié en juillet 1828 nommé « L'Enfant » t'avait inspiré :


« Que cherches-tu petit ?
La douceur du puits ?
Le chant du vent sur le buis ?
Un buisson pour jouer ?
Une étoile pour briller ?

-Non Monsieur...

Que me veux-tu petit ?
Toi qui pleures et qui cries ?
Comment calmer ce bruit ?
Qui fait couler sur tes joues la pluie ?
Que puis je faire pour toi ?
Te dévoiler les secrets enfouis ?
De l'univers par tes larmes attendries ?

-Non Monsieur...Non merci...

Alors dis moi que faire,
Pour faire cesser l'hiver,
Ta souffrance, ton calvaire,
Cette absence, cette colère,
Ne sied guère,
A tes yeux d'enfant,

-Monsieur ?

Oui mon enfant ?

-Je voudrais voir une dernière fois la
tombe de mes parents,
Que tu me donnes la main,
Comme des gens faisaient autrefois,
Qu'on soit bien toi et moi comme des amis ici-bas,
Que je puisse sécher mes larmes dorées,
Et dire au-revoir une dernière fois,
C'est ce que je voudrais tu sais,

Et bien suis moi,
Prends ma main,
Et pleure une bonne fois,
Nous referons le monde,
Toi et moi,
Et si un jour je venais à disparaître,
Tiens moi cette promesse,
De me dire aussi au-revoir,
Une dernière fois,
Promets le moi,

- Merci Monsieur c'est promis dans ma mort et ma vie. »


Tu attendais tes réponses et une fois fait tu ferais ta valise et quitterais ce manoir pour aller te recueillir sur la tombe paternelle.


[ HRP : A toi ^^]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Messages : 35
Masculin



MessageSujet: Re: Car tout est de votre faute ? [ PV Drew W. Northwoods ]    Mar 4 Mar - 9:26

Lorsque j'eus lâché le bras du garçon, il se mit à le frotter calmement, comme si mes mots ne lui étaient même pas parvenu.  Ce n'est qu'après une dizaine de secondes qu'il releva finalement les yeux vers moi avec une expression absolument horripilante.  Un visage qui montrait clairement à quel point il se croyait supérieur à moi.

▬ Et si je ne sors pas vous allez faire quoi ? Me jeter dehors ? Honnêtement je peux revenir...Dois-je vous rappeler que je peux traverser les murs ?  A vrai dire, je n'ai pas l'intention de partir...

Il bailla alors et alla tranquillement s'asseoir sur mon lit, m'observant calmement.  Je restai immobile, sachant qu'il n'avait pas terminé.

▬ Premièrement, je vous insulte si je veux.  Deuxièmement, je m'appelle Robin Northwoods et j'ai neuf ans mais après tout peu importe puisque vous ne semblez pas apprécier les enfants, troisièmement je n'ai pas peur de vous et je désirerai connaître la vérité sur ma mort et pouvoir aller sur la tombe de père et je vous laisserai en paix.  Vous dîtes que personne de votre famille n'a mis le feu autrefois mais pourtant il y avait bien un feu...Et cet homme aux cheveux blonds qui hurlait et vociférait et dont j'ai attrapé la cheville avant de mourir qui était-ce ? Peut-être sera-t-il meilleure aide que votre piètre démonstration de marmotte. Vous...les adultes...vous êtes toujours ainsi...A tout cacher et à ne rien faire pour nous aider, nous les enfants, sous prétexte qu'on est «  petits », mais je sais depuis plusieurs siècles que vous ne faîtes rien pour arranger les choses ! Bon OK on est mort mais pourquoi ne pas essayer de changer le quotidien au lieu de devenir des automates ? Vous qui me reprochiez de ne jamais parler, sachez que j'observais et ce que j'ai constaté est bien décevant...  Tous...quel que soit l'âge, vous êtes lâches ! Il arrive à tout le monde de faire des erreurs mais c'est une faute de ne rien vouloir arranger !

Il se leva finalement, caressant à nouveau son bras et avançant vers moi avec un regard empli de dégoût.

▬ Quoi qu'il en soit je vais m’asseoir là sur votre fauteuil et lire un livre jusqu’à obtenir des réponses, allez vous couchez si bon vous semble mais sachez que je ne me lasse d'aucun livre avant plusieurs dizaines d'années.

Le dénommé Robin s'installa alors dans mon fauteuil, sortant un petit livre de sa poche et se mit à lire à voix basse.  Je restai quelque secondes immobiles à l'observer avant de me rediriger vers mon lit et de remettre les draps en place, ceux-ci étant à présent tout plissés.  Le temps s'écoula lentement, ses murmures d'enfant semblant résonner dans la nuit.  J'aurais trouvé étrange de l'interrompre, aussi le laissais-je finir sa chanson.  Quand le silence revint finalement, je m'avançai vers le fauteuil et m'arrêtai devant lui, un sourire sur mes lèvres.

▬ Un adulte, moi ?  Tu continues de m'insulter à ce que je vois.  Non, je ne suis pas du tout un adulte...  Je ne le suis jamais devenu et ne le deviendrai jamais.  Tout comme toi.  Personne ne me considérera jamais autrement que comme un enfant, mais ça ne me dérange pas.  Au contraire.

J'éclatai d'un rire léger avant de revenir au garçon.

▬ Par contre, tu vas devoir m'expliquer quelque chose, Robin.  Comment, lorsque des centaines de personnes se trouvent dans un même lieu et que ce dit lieu prend feu, sautes-tu à la conclusion la plus illogique de toutes ?  Vas-y, dis-moi.  J'adorerais comprendre comment ton étrange esprit fonctionne.  Pourquoi, parmi tous les suspects potentiels, choisis-tu ceux qui avaient le moins d'intérêt à commettre le crime ?  Désolé si ça brise tes illusions, mais je ne pense pas que qui que ce soit avait l'intention de te tuer.  Tu n'as probablement été qu'un dommage collatéral.

Je commençais à nouveau à m'emporter, quoique ma colère fût cette fois bien plus contrôlée.  Soupirant, je posai une main sur ma hanche et continuai.

▬ C'est nous qui étions visés, pas vous.  Nous sommes d'accord que tout cela est bien dommage, mais nous ne pouvons rien changer au passé.  Et surtout pas moi, d'ailleurs.  Personne n'aurait pu prévoir ce qui se passerait.  Si nous l'avions pu, nous aurions certainement continué paisiblement nos vies.

Je m'assis sur le bras du fauteuil, juste à côté de Robin, l'observant avec un sourire qui ressemblait à une excuse.

▬ L'homme que tu as vu était sûrement mon père.  Une personne charmante, comme tu as pu le remarquer.  Tu sembles me placer dans le haut de la hiérarchie, mais j'en suis bien loin.  Ne m'accuse pas de ne rien faire.  Je ne peux simplement pas.  Quant aux réponses que tu attends, je n'en ai probablement pas beaucoup plus que toi.  Si tu en veux, va voir mon père...  Mais je ne suis pas certain que camper dans son bureau sera très utile.  Il ne te dira certainement pas plus que ce qu'il estimera que tu as le droit de savoir.

Mon regard se fit plus dur alors que je me relevai pour faire à nouveau face à mon interlocuteur.

▬ C'est très bien d'observer, Robin, mais mieux vaut le faire correctement.  Tu ne sais rien.  Pas parce qu'on ne te dit rien, mais parce que tu ne regardes pas correctement.  Tu penses peut-être observer, mais qu'as-tu vu pendant un siècle ?  Tout ce que tu m'as raconté jusqu'ici est complètement faux.  Tu n'as rien appris.  Tu n'as fait que... « constater » ?  Mes félicitations !  Mais si la situation ne te convient pas, alors agis.  Au lieu d'agresser les gens et de les accuser de tous tes maux, tente de réfléchir et de faire ce qu'il faut.

Je m'éloignai un moment, me mettant à faire les cent pas à travers la pièce.

▬ Être un enfant n'est pas une excuse.  Tu accuses les adultes de tout, mais mets un peu ton âge en perspective.  Tu n'as plus neuf ans.  Les gens peuvent continuer à te voir ainsi et à te prendre pour un gamin, mais ton esprit a continué à maturer pendant des années.  En quoi es-tu réellement différent d'eux ?  Si tu veux des réponses ou si tu veux faire changer les choses, comporte-toi comme un adulte.  Pas comme un enfant capricieux qui pense que harceler quelqu'un comme moi va le mener quelque part !

Je fis à nouveau face à Robin, les sourcils froncés.  Mon long discours m'avait quelque peu essoufflé, n'étant pas habitué à déclamer de longues tirades.  Je marchai à nouveau vers le garçon, mon visage redevenu calme.

▬ Par ailleurs, nous sommes au deuxième étage.  Si je te jette par la fenêtre, tu ne mourras pas, mais je pense pouvoir affirmer que tu auras très mal.  Je suis certain que si je le fais un assez grand nombre de fois, tu finiras par te lasser...



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://northwoods-manor.forumactif.fr
avatar


Messages : 24
Masculin



MessageSujet: Re: Car tout est de votre faute ? [ PV Drew W. Northwoods ]    Mar 4 Mar - 20:55

Head

Hide and Seek

« Un adulte, moi ?  Tu continues de m'insulter à ce que je vois.  Non, je ne suis pas du tout un adulte...  Je ne le suis jamais devenu et ne le deviendrai jamais.  Tout comme toi.  Personne ne me considérera jamais autrement que comme un enfant, mais ça ne me dérange pas.  Au contraire. »

Étrangement ça te rassurait Robin, à présent tu était d'égal à égal avec ce jeune homme. Même si tu restais méfiant. Mais ton point de vue différait de ce rire encore jeune. Toi tu aurais tellement voulu être plus grand.


« Par contre, tu vas devoir m'expliquer quelque chose, Robin.  Comment, lorsque des centaines de personnes se trouvent dans un même lieu et que ce dit lieu prend feu, sautes-tu à la conclusion la plus illogique de toutes ?  Vas-y, dis-moi.  J'adorerais comprendre comment ton étrange esprit fonctionne.  Pourquoi, parmi tous les suspects potentiels, choisis-tu ceux qui avaient le moins d'intérêt à commettre le crime ?  Désolé si ça brise tes illusions, mais je ne pense pas que qui que ce soit avait l'intention de te tuer.  Tu n'as probablement été qu'un dommage collatéral. »


Oui probablement mais pas n'importe quel dommage collatéral pensas-tu dans un sourire espiègle. Et tu étais loin d'être bête Robin, mais les explications viendront plus tard. Ce jeune homme t'amusait, il était original, à la fois en colère et désemparé, les siècles t'avaient donné la sale manie de scruter le comportement des autres comme un médecin des symptômes. Et ce « symptôme » là t'intéressait.



«  C'est nous qui étions visés, pas vous.  Nous sommes d'accord que tout cela est bien dommage, mais nous ne pouvons rien changer au passé.  Et surtout pas moi, d'ailleurs.  Personne n'aurait pu prévoir ce qui se passerait.  Si nous l'avions pu, nous aurions certainement continué paisiblement nos vies. »


Tu ne dis pas un mot perplexe et tu reculas malgré ta méfiance décroissante près de l'accoudoir opposé du fauteuil quand le jeune homme vint s'asseoir près de toi, tu avais peur Robin , encore un peu, mais tu acceptas sa présence non loin.



« L'homme que tu as vu était sûrement mon père.  Une personne charmante, comme tu as pu le remarquer.  Tu sembles me placer dans le haut de la hiérarchie, mais j'en suis bien loin.  Ne m'accuse pas de ne rien faire.  Je ne peux simplement pas.  Quant aux réponses que tu attends, je n'en ai probablement pas beaucoup plus que toi.  Si tu en veux, va voir mon père...  Mais je ne suis pas certain que camper dans son bureau sera très utile.  Il ne te dira certainement pas plus que ce qu'il estimera que tu as le droit de savoir. »


Et si justement c'était là le problème ? Ton esprit intelligent marchait à toute vitesse puis tu t’aperçus que le jeune homme avait quitté le siège. Cette rencontre fortuite te sortait enfin de l'obscurité mais il n'était pas encore temps de parler.


« C'est très bien d'observer, Robin, mais mieux vaut le faire correctement.  Tu ne sais rien.  Pas parce qu'on ne te dit rien, mais parce que tu ne regardes pas correctement.  Tu penses peut-être observer, mais qu'as-tu vu pendant un siècle ?  Tout ce que tu m'as raconté jusqu'ici est complètement faux.  Tu n'as rien appris.  Tu n'as fait que... « constater » ?  Mes félicitations !  Mais si la situation ne te convient pas, alors agis.  Au lieu d'agresser les gens et de les accuser de tous tes maux, tente de réfléchir et de faire ce qu'il faut. »


Tu grimaças, cet homme était idiot, devrais-tu revoir ton point de vue de plus en plus mélioratif ? Non...pas de conclusion hâtive, tu as passé des siècles à te faire un jugement, il ne te traite peut-être pas en enfant, se contredisant par là même...Tu décidas donc de lui donner encore une chance, la dernière.



« Être un enfant n'est pas une excuse.  Tu accuses les adultes de tout, mais mets un peu ton âge en perspective.  Tu n'as plus neuf ans.  Les gens peuvent continuer à te voir ainsi et à te prendre pour un gamin, mais ton esprit a continué à maturer pendant des années.  En quoi es-tu réellement différent d'eux ?  Si tu veux des réponses ou si tu veux faire changer les choses, comporte-toi comme un adulte.  Pas comme un enfant capricieux qui pense que harceler quelqu'un comme moi va le mener quelque part ! »



Tu souris triomphant malgré la dernière remarque qui montrait qu'il ne te connaissait pas, apparemment marcher lui donnait des neurones, mais la suite te plut moins.



« Par ailleurs, nous sommes au deuxième étage.  Si je te jette par la fenêtre, tu ne mourras pas, mais je pense pouvoir affirmer que tu auras très mal.  Je suis certain que si je le fais un assez grand nombre de fois, tu finiras par te lasser... »



Ton regard s'assombrit à la menace.


«  Ne me faîtes pas de leçon de morale je sais comment fonctionne le monde ! »
t'emportas-tu.

Tu tremblais Robin rien qu'à repenser à ce souvenir, tu n'étais qu'un gosse en ce temps, c'était 3-4 ans avant ta mort. Tu déglutis, tu avais peur de t'en rappeler, tu ne voulais pas t'en rappeler. Tu te levas d'un bond faisant tomber le livre au sol...Tu détournas le regard et serras les dents pour retenir tes larmes. Tu posais la main sur la poignée en silence.


«  Vous me croyez stupide c'est ça ? Je n'en viens pas à cette conclusion si facilement. Je ne suis plus un enfant...et je vaux mieux qu'un adulte... »


Tu baissas la tête refusant toujours de tutoyer le jeune homme bien que se prétendant aussi un enfant. De longues minutes passèrent...puis tu dis sombrement :


« Si je vous disais que je sais des choses vous me croiriez ? »


Tu repris ton souffle, cette simple phrase t'avait coûtée beaucoup de courage. Mais devais-tu vraiment   lui faire confiance ? Tu décidas que oui après tout il semblait aussi impuissant à agir que toi.

Tu sortis un canif de ta poche et te fis une légère entaille au doigt. Étrangement, tu ne bronchas pas à la douleur, tu avais vu pire.


« C'est une promesse...si vous parlez je rendrai votre vie mille fois pire que  cette blessure ! »


Tu rangeas le canif dans ta poche et recouvris ton doigt de ton ruban de costume en guise de pansement.

«  Bien...parlons... » dis-tu en t'asseyant sur le lit avant d'ajouter :  « Et ne me dîtes pas que vous êtes fatigué, si vous êtes mort cela ne devrait pas poser problème. »

Tu tapotas la place de toi mais peu t'importait que le jeune homme vienne s’asseoir ou non.

« A vrai dire je suis content de constater que vous êtes innocent, après tout vous n'êtes pas le seul suspect sur la liste. »

Tu repris ton souffle tellement ces mots te coûtaient : «  Pardon pour ce jugement. »

Puis tu te mis à froisser les draps comme pris par l'angoisse d'avouer, mais il était trop tard pour reculer et ça tu en étais parfaitement conscient.

« Ton père était le cousin et l'ami proche de mon père. Malgré leurs milieux qui différaient, ils partageaient tout, joies et peines. Tout ça a commencé aux dix-sept ans de ton père. Mon père était de la branche riche de la famille Northwoods, ton père en revanche venait d'une famille marchande. Tout les séparaient, mais un soir alors que mon père rentrait en calèche, il avait aperçu le tien rentrant à pieds, intrigué qu'on puisse rentrer si tard, il avait demandé à arrêter la calèche.Ton père des livres plein les bras, n'avait pas vu qu'on le suivait, un bandit sûrement qui enviait le peu d'argent qu'il possédait. Mon père voulut lui crier de se hâter mais le voleur avait déjà frappé ton père d'un coup de poing si fort qu'il était tombé au sol. Mon père, vingt et un ans  à l'époque rentrant de l'université, quant à lui était sorti de la calèche et avait recueilli ce qu'il avait appelé ce pauvre enfant dans sa demeure.  Ton père s'était éveillé et avait dit à mon père avoir une dette envers lui. Ton père était un homme d'honneur. Mais le mien avait simplement dit : «  Ma femme et moi nous voudrions un enfant mais seul Dieu nous le permettra, veillez sur lui de loin si vous voulez remplir votre dette ! »

Mon père par la suite prit l'habitude d'aller régulièrement à la bibliothèque et y croisa de nombreuses fois le tien, ils sympathisèrent  et partagèrent leurs lectures érudites avec passion. D'abord étonné qu'un fil de marchand en sache autant, mon père apprit vite à connaître le tien et à apprécier ses qualités comme ses défauts. Ton père voulait toujours avoir raison et avait souvent de vives colères notamment quand on le contredisait...Cependant d'après mon père c’était un homme intéressant, un homme droit et instruit.Trois ans passèrent, et mon père avait atteint ses 24 ans et le tien la majorité. Mais ils s'éloignaient peu à peu de l'autre, ton père devenant de plus en plus sombre et secret.Je naquis 10 ans plus tard, mon père du haut de ses 34 ans avait tant attendu ma naissance tant inespérée au fil des années qu'elle se révéla un miracle du ciel d'après lui, il avait alors perdu tout contact avec le tien.

Mère ne survécut pas à ma naissance, mais malgré la sévérité de mon père et son travail prenant de médecin, j'étais un enfant aimé. Je grandis donc entre tendresse et grande sévérité, puis un jour... »


Tu stoppas ton récit déglutissant mais tu ne pouvais plus reculer.

« Un jour, je suis entré dans la chambre de Mère sans permission, d'habitude seule nourrice y venait chiper des livres pour me contenter, mais le lendemain Nourrice allait partir, elle m'avait dit de dormir mais j'avais refusé. Sans lui dire je m'étais glissé hors de la chambre le dos encore douloureux de ma dernière punition. Dans un silence presque religieux j'ai suivi le parcours de l'immense bibliothèque de Mère sans un mot. Puis, j'ai dans la pénombre heurté un bureau, sous ce bureau une cassette, je savais qu'il n'y avait pas d'argent mais le fait qu'elle soit cachée dans cette pièce où personne n'était censé entrer m'a intrigué. De plus, mon père cachait et gardait mal les secrets. Quelques coups du presse-papier en pierre sur le bureau suffirent à ouvrir la cassette. Dedans un journal de bord, je ne savais pas bien lire donc je mis toute la nuit à le déchiffrer. Une heure avant l'aube, je le remis dans la cassette cassée que je refermais et filais à mon lit.

J'y avais appris tout ce que je viens de vous raconter. Par la suite la chambre de Mère fut fermée et on me mit plus sérieusement aux études. Père avait dû remarquer pour la cassette mais sans preuve il n'accusa personne. Puis il y a eu Shalley Ravenshill, une ... »


Tu t'arrêtas de parler tes joues rougissantes avant d'ajouter :« Précieuse amie, elle me dit que sa famille connaissait une famille du même nom que le mien qui s'était installée dans le village où elle habitait petite, du moins d'après les lettres des siens. Puis elle est partie dans un hôpital pour les non-soignables. »

Tu déglutis pour éviter les larmes.«  Quelques mois plus tard, on reçut votre invitation. Mon père était enthousiaste de retrouver son ancien ami mais, le soir du départ il cracha du sang, épidémie de tuberculose, j'ai pleuré mais j'ai respecté le choix de mon père, ne voulant pas contaminer son ancien ami, il me chargea de le représenter. »

Tu agrippas le drap et dis la voix pleine d'angoisse :« Puis je suis mort. »

Tu mis une bonne minute à te calmer avant de t'exclamer : «  Au cours des siècles, face à ce bureau fermé au dessus de la bibliothèque, j'ai construit trois hypothèses:

Soit le fils aîné était coupable vénal et impatient, ce qui colle parfaitement à votre profil, et voulait succéder à son père mais sans le faire exprès s'est retrouvé dans les flammes. Soit l'ami de mon père n'était pas très net. Soit la famille de Shalley avait été outrée de ce voisinage mais cette dernière hypothèse étant sans vraiment de fond, je me suis donc fixé sur les deux autres.»


Tu avais tant parlé que ta gorge était sèche, tu mis quelques  secondes avant de pouvoir reparler. Tu lâchas les draps et leva un regard intelligent, sérieux mais étrangement encore enfantin, plein d'espoir :

«  Si ton père est l'homme d'honneur que mon père dit être...Il tiendra sa promesse, me recevra et nous aurons des réponses ! »

Tu avais beau dire, malgré la maturation de ton esprit, l'espoir enfantin en toi n'avait pas changé Robin durant ces siècles.

[ HRP : A toi ^^]

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Messages : 35
Masculin



MessageSujet: Re: Car tout est de votre faute ? [ PV Drew W. Northwoods ]    Mer 5 Mar - 19:35

Mes paroles semblèrent déplaire à Robin, dont le regard s'assombrit suite à ma menace.  Mais peu m'importait.  Je n'avais pas l'intention de m'en faire un ami, et j'avais depuis un moment renoncé à le convaincre de s'en aller tranquillement.

▬ Ne me faîtes pas de leçon de morale je sais comment fonctionne le monde !  Vous me croyez stupide c'est ça ? Je n'en viens pas à cette conclusion si facilement. Je ne suis plus un enfant...et je vaux mieux qu'un adulte...

Le garçon baissa la tête, sombrant dans un long silence.  Je n'avais rien à dire.  A mes yeux, ce ton excessivement défensif ne faisait que confirmer que j'avais raison.  Je finis par aller m'appuyer contre le mur, ne sachant pas s'il me fallait attendre une nouvelle réaction de la part de Robin.  Et juste au moment où je me dis qu'il n'allait probablement rien ajouter, sa voix aigüe s'éleva.

▬  Si je vous disais que je sais des choses vous me croiriez ?

Robin sortit alors de sa poche un canif – je ne voulais même pas savoir pourquoi il se promenait avec ça – et fit une entaille dans son doigt.  Instinctivement, je fis la moue.  Non seulement il éprouvait le besoin de me poser sa question d'une manière bien trop dramatique à mon goût, mais il semblait apparemment aussi trouver intéressant de se mutiler.

▬ C'est une promesse...si vous parlez je rendrai votre vie mille fois pire que  cette blessure !

Oh, encore mieux, une menace !  Et après, on critiquait les miennes...

▬ Bien...parlons... Et ne me dîtes pas que vous êtes fatigué, si vous êtes mort cela ne devrait pas poser problème.

Sans aucune gène, Robin retourna s'asseoir sur mon lit, tapotant la place à côté de lui.  Bien que le l'idée de faire inviter sur mon propre lit par quelqu'un qui n'avait absolument rien à faire dans ma chambre ne me plaise guère, je le rejoins rapidement, prenant place sur mon confortable matelas pour écouter ce que le garçon avait à me dire.

▬ A vrai dire je suis content de constater que vous êtes innocent, après tout vous n'êtes pas le seul suspect sur la liste.  Pardon pour ce jugement.

Après toutes les insultes, des excuses étaient les bienvenues.  Je les considérais cependant comme normales et n'estimai pas Robin comme étant particulièrement méritant de les avoir fournies.  C'était la moindre des choses.

Il commença alors son histoire.  Comment son père et le mien étaient devenus amis et comment il l'avait appris.  Comment lui-même avait fait la connaissance d'une enfant Ravenshill, s'attachant à elle.  Comment il avait été le seul à venir le soir du bal, son père étant tombé malade.  Tout cela, je dois l'avouer, ne me captiva que peu.  L'histoire parvint à occuper mon attention tandis que Robin racontait, mais je me souciais en réalité peu de ces détails.  La conclusion, en revanche, me semblait bien plus intéressante.

▬ Au cours des siècles, face à ce bureau fermé au dessus de la bibliothèque, j'ai construit trois hypothèses: Soit le fils aîné était coupable vénal et impatient, ce qui colle parfaitement à votre profil, et voulait succéder à son père mais sans le faire exprès s'est retrouvé dans les flammes. Soit l'ami de mon père n'était pas très net. Soit la famille de Shalley avait été outrée de ce voisinage mais cette dernière hypothèse étant sans vraiment de fond, je me suis donc fixé sur les deux autres.

La première hypothèse me vexa énormément, ce qui me fit froncer les sourcils en une expression peinée durant quelques secondes.  Certes, Robin ne me connaissait pas et semblait jusqu'ici avoir pris un malin plaisir à être grossier, mais l'idée que l'on puisse m'imaginer comme étant un tel monstre me choqua.  Moi, assassiner de sang-froid des dizaines de personnes, y compris ma famille, par simple avarice ?  Je serai les draps entre mes doigts, ressentant trop de dégoût envers Robin pour désirer croiser son regard.
La deuxième était certainement vraie.  Mon père était plein d'ambition, et il était certain qu'il n'avait pas toujours agi honnêtement.  Mais il n'était pas pour autant le coupable.
Car je savais, comme tout le monde, que la troisième hypothèse était la bonne.

De manière générale, la réflexion de Robin avait plus de sens que ce que je n'avais pensé au départ.  Néanmoins, je ne comprenais pas pourquoi il avait écarté la possibilité que le coupable soit... l'un des innombrables invités qui étaient présents ce soir-là ?  Si l'un d'eux s'était glissé hors du manoir ce soir-là et avait mis le feu à la bâtisse, personne ne s'en serait rendu compte.  Il y a avait bien trop de gens.  Et, selon moi, une solution où le coupable ne mourrait pas stupidement était bien plus logique.

▬ Si ton père est l'homme d'honneur que mon père dit être...Il tiendra sa promesse, me recevra et nous aurons des réponses !

Peut-être.  Il le recevra certainement, si Robin le lui demande.  Mais pour ce qui est de lui donner des réponses, c'est moins sûr.  On ne fait pas facilement changer mon père d'avis, et s'il a laissé ce gamin dans l'ignorance pendant tout ce temps, il y a peu de chances qu'il change d'avis.  Aucune chance pour que je mentionne cela à Robin cependant.  Au plus vite il serait persuadé que parler à mon père était la solution, au plus vite il me laisserait en paix.

▬ Si cela t'intéresse, la dernière hypothèse est la bonne.  Dommage que ce soit celle des trois que tu as le plus négligé.

Un sourire au lèvres, je soupirai, ayant mis de côté le malaise ressenti suite à l'insinuation de Robin sur ma possible culpabilité.

▬ Les Ravenshill ne nous ont jamais vraiment aimé.  Il y a eu des tensions entre nous dès notre arrivée.  Mais bien sûr, nous n'imaginions pas que c'était à ce point.

J'éclatai d'un rire léger, qui sonna terriblement faux, puis baissai la tête.

▬ J'aimerais croire qu'eux non plus ne l'imaginaient pas.  Qu'ils ont fait ça sur un coup de tête et ont regretté par la suite.  Mais c'est assez stupide de ma part...  C'est le genre de choses qui nécessite des préparations.  Je suppose qu'ils avaient pris leur décision bien à l'avance.  Que pendant un moment, ils nous ont poliment salué tout en sachant qu'ils nous tueraient.  Et nous, nous n'en savions rien.  Nous étions vraiment des idiots.

Je ris à nouveau, mais ma voix se bloqua dans ma gorge.

▬ Ça semble encore plus horrible quand on prend le temps d'y réfléchir.

Et je gardai la tête baissée, observant le blanc de ma robe de chambre que les rayons de la lune faisaient briller.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://northwoods-manor.forumactif.fr
avatar


Messages : 24
Masculin



MessageSujet: Re: Car tout est de votre faute ? [ PV Drew W. Northwoods ]    Jeu 6 Mar - 0:59

Head


« Si cela t'intéresse, la dernière hypothèse est la bonne.  Dommage que ce soit celle des trois que tu as le plus négligé. »

Il mentait, tu serras tes mains sur tes genoux sans un mot.


« Les Ravenshill ne nous ont jamais vraiment aimé.  Il y a eu des tensions entre nous dès notre arrivée.  Mais bien sûr, nous n'imaginions pas que c'était à ce point. »


Menteur, menteur, menteur te répétais-tu pour contenir ta colère et tes larmes. Et il se mit à rire ouvrant la plaie déjà béante en toi. Car tu le savais Robin n'est ce pas ? Depuis le début ! Tu le savais que c'était la troisième hypothèse la plus plausible...L'amour rend aveugle Robin.


«  J'aimerais croire qu'eux non plus ne l'imaginaient pas.  Qu'ils ont fait ça sur un coup de tête et ont regretté par la suite.  Mais c'est assez stupide de ma part...  C'est le genre de choses qui nécessite des préparations.  Je suppose qu'ils avaient pris leur décision bien à l'avance.  Que pendant tout un moment, ils nous ont poliment salué tout en sachant qu'ils nous tueraient.  Et nous, nous n'en savions rien.  Nous étions vraiment des idiots. »


Oui des idiots, tu l'étais toi aussi Robin...un idiot...un simple idiot...Mais tu préférais rester idiot...Car cela te faisait trop mal n'est-ce-pas petit ?  Tu te sentais coupable, extrêmement coupable et seul, si seul...Tu étais resté bloqué à l'enfant que tu étais Robin. Trop jeune au moment de ta mort pour comprendre, tu as eu peur et t'es renfermé sur toi. Car tu ne faisais plus confiance à personne. Tu avais mal Robin, tu avais peur Robin...

A force, tu avais oublié la douceur comme un renard lacéré par un piège qui est trop fatigué pour y croire encore et qui pourtant se débat, se blessant encore plus pour vivre désespérément.

Au fond, tu n'es qu'un pauvre gosse traumatisé qui cherche la douceur pour sourire. Si la folie ne t'a pas entièrement gagné c'est probablement grâce à la musique, non ? Écrire des opéras, chanter mélodieusement, lire des livres qui te semblaient emplis de mots de « musiques », les mots, Robin, résonnaient en toi comme une dernière porte ouverte de lumière.  Mais toute cette colère en toi, toute cette solitude.

« Ça semble encore plus horrible quand on prend le temps d'y réfléchir.»


Qu'est ce qu'il avait l'autre à rire ? Et puis pourquoi semblait-il te reprocher d'avoir réfléchi, pour une fois qu'il faisait marcher son grain de cervelet ! Tu n'avais plus envie de rire. Tu le détestais, tu le haïssais, tu avais envie de le tuer de tes mains mais tu attendais la fin de son monologue pour partir, ton père t'avait appris à écouter même les pires scélérats.

Tu t'étais trompé, tu étais seul, seul, seul...Personne ne comprendrait jamais à quel point tu souffrais. A cause de cet imbécile, tu allais en vouloir à Shalley. Tu attendis la fin de son discours pour cracher tournant ton visage plein de haine vers lui:


«  Je vous hais …Si il vous arrive quelques pépins comme des vers-de-terre dans vos chaussures ou de la terre dans votre soupe ou encore des araignées dans votre chambre vous n'irez pas vous plaindre ! »


Tu ravalas tes sanglots de rage et de peine, après tout tu devais être adulte, grand...grand...Ce monde des grands...Tu ne le comprenais pas et n'étais pas sûr de le comprendre un jour. Tu n'étais plus un enfant, mais pas un adulte encore moins un adolescent, tu étais juste une poussière entre les univers.

Tu te levas brûlant de colère et te dirigeas vers la porte, il n'y avait pas de réponse absolue, chacun voyait de son point de vue, et celui de ce jeune homme t’horripilait.

« Je m'en vais mais si vos habits ont des trous demandez-vous si je n'y ai pas placé des mites ! »

Tu eus un sourire malicieux : «  Après tout j'ai promis que votre vie serait infernale si vous parliez ...Mais ne vous faisant pas confiance autant appliquer la menace maintenant !»

Et tu partis brusquement, en traversant la porte, dire qu'à un moment tu avais trouvé cet imbécile intéressant. Tu retournas à la bibliothèque et allas près de l'étagère des romans. Tu allumas la lampe à pétrole sur la table, en pris un et commença à le lire à voix haute alors que tes larmes coulaient :

« Le doux navire prenait la mer avec à sa tête un capitaine et en son bord une centaine de marins. La mer agitait ses rayons dorés et l'écume peignait le ciel de blanc. Soudain sous l’exclamation d'admiration de la foule générale les voiles se déployèrent.

Au sol, des gens de toutes classes sociales agitaient leurs foulards pour dire au-revoir aux courageux marins. Le vent venait du sud mais n'était pas trop chaud. Cela promettait du soleil pendant au moins quelques jours.

Le capitaine et son équipage étaient heureux de ce départ en fanfare, l'aventure leur tendait les bras... »

Tu baillais soudain un bruit attira ton attention, tu ris.

«  Mistigrette, tu as-encore embêté le chat du voisinage ! Tu as le poil tout trempé ! Tu ferais mieux d'arrêter de le faire courir sous la pluie ! » grondas-tu un peu consolé par l'arrivée de ton amie.

Depuis quelques années, tu nourrissais les souris du jardin. Tu avais sauvé celle là, il y a un an, encore souriceau, tu t'étais battu pour qu'elle vive et depuis elle ne te quittait que peu.

La souris se secoua et laissa tomber quelques gouttes d'eau sur le roman. Tu fronças les sourcils :


« Attention, Mistigrette, c'est très important un livre ! »

La souris couina plaintivement au son dur de ta voix. Tu rajoutas plus doucement :
« Ça ne fait rien mon amie. » en caressant son pelage gris une des origines de son nom, en plus du fait qu'elle aime embêter le chat que tu appelais «  Mistigris » un vieux chat errant traînant dans le coin.

La souris sembla réconfortée et monta sur ton épaule. Tu montras sur la page la belle illustration du bateau blanc :
«  Tu vois là c'est le bateau du capitaine, avec, ils vont découvrir des terres inconnus ! Et... »

Tu sursautas légèrement avant de sourire en prenant la souris au creux de ta main qui dormait confiante à présent. Tu te levas et éteignis la lampe à pétrole.

Tu allas te mettre dans le petit coin le plus poussiéreux et oublié de la bibliothèque, le seul encore sauvé de la maniaquerie des domestiques, ton endroit préféré, seul un enfant pouvait y passer ou un fantôme mais apparemment ce rayon de vieux bouquins, romans d'histoires populaires pour la plupart n'attirait personne à part toi et la poussière et une toile d'araignée où «  Madame Blacky de Purple » une araignée noire et un peu violette que tu t'amusais à voir comme une araignée pleine de noblesse, séjournait, souvent tu capturais des mouches pour elle et comme pour te remercier elle n'avait jamais changé de place.

Tu baillas, tu n'étais pas fatigué étant un fantôme mais tu te sentais bien dans ce coin, tu sentais le ventre de Mistigrette la souris tout chaud dans ta paume. Un rayon de lune éclaira la toile d'araignée où Madame Blacky de Purple  se tenait tranquille. Tu lui souris. Quand tu étais dans cette cachette aucune rage aucune colère ne pouvait te blesser.

«  Mistigrette...Madame Blacky de Purple ...vous êtes ma seule famille...cela fait un an que je vous connais...avant vous j'ai cru devenir fou de solitude, j'avais peur ... » confias-tu.

Tu baillas à nouveau te mettant allongé sur le dos posant Mistigrette endormie sur ton ventre.

«  Comment je ferai si vous mourrez vous aussi ? » dis-tu d'une petite voix enfantine.

Puis tu t'endormis rassuré dans ce recoin de poussière et d'amitié qui te protégeait du monde entier.


[ HRP : J'espère que ça ira ^^ oui je n'ai pas attendu demain XD mais ça me reste dans la tête quand je bloque sur un texte ^^ ]

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Messages : 35
Masculin



MessageSujet: Re: Car tout est de votre faute ? [ PV Drew W. Northwoods ]    Jeu 6 Mar - 13:41

J'avais à peine terminé de parler lorsque Robin, la voix pleine de rage, se mit à me menacer à nouveau.

▬ Je vous hais …Si il vous arrive quelques pépins comme des vers-de-terre dans vos chaussures ou de la terre dans votre soupe ou encore des araignées dans votre chambre vous n'irez pas vous plaindre !

Imbécile.  Il m'avait harcelé pour connaître la vérité et, maintenant qu'il l'avait, il s'énervait encore plus ?  Au fond, il devait avoir raison, il n'était qu'un gamin.  Il continuait à rejeter sur moi tous ses malheurs, comme si c'était ma faute.  Son jeune âge pouvait excuser son incapacité à faire face, mais son comportement, en revanche, n'était au aucun cas justifié.

Il s'était levé et se tenait près de la porte.  Une bonne chose qu'il s'en aille, car s'il était resté à côté de moi une seconde de plus, je pense que je l'aurais giflé.  L'expression de son visage me dégoûtait...  De quel droit pensait-il pouvoir réagir ainsi ?  Qu'il se taise.  Qu'il arrête de se plaindre.  Qu'il arrête d'accuser.  Qu'il disparaisse.

▬  Je m'en vais mais si vos habits ont des trous demandez-vous si je n'y ai pas placé des mites !  Après tout j'ai promis que votre vie serait infernale si vous parliez ...Mais ne vous faisant pas confiance autant appliquer la menace maintenant !

Oh, espérait-il me faire peur ?  S'il tentait quoi que ce soit, il regretterait d'avoir un jour osé me menacer.  Je pourrais certainement faire bien pire que lui.  Ou simplement en parler.  Avait-il oublié qui j'étais ?  Personne ne le laisserait me toucher.

Il disparut à travers la porte et le silence revint.  Je regrettais de ne pas l'avoir lancé par la fenêtre finalement.  Quel dommage que j'aie gardé une morale m'empêchant d'accomplir de tels actes.

Je me levai et m'approchai à mon tour de la porte.  Je posai mon front contre la surface de bois fraîche et restai immobile quelques secondes avant de la frapper violemment.  Je le hais.  Je le déteste.  Il est insupportable.  Il ne comprend rien.  Il croit tout savoir mais c'est faux.  Je lui dit ce qu'il veut entendre et il s'énerve encore plus.  Il n'avait aucune raison de venir ici à la base.

Je retournai vers mon lit et m'y laissai tomber.  Je n'avais plus de force.  Plus de volonté.  Plus de rien du tout.  Mais je ne voulais pas non plus dormir.  Ou plutôt, je ne pouvais pas.  Je voulais qu'il disparaisse, tellement.  Mais je voulais disparaître aussi.  Sale gamin...  Pourquoi avait-il besoin de me faire penser à tout ça ?  Pourquoi devait-il être une personne aussi horrible ?

Je ne voulais pas me laisser vaincre.  Surtout pas par un enfant aussi abominable que celui-là.  J'attrapai les draps entre mes doigts et les serrai si fort que je crus qu'ils allaient se déchirer.  Il fallait que je trouve quelque chose à faire pour me changer les idées.  Mais c'était impossible, n'est-ce pas ?  Il m'avait brisé.  Si facilement.  Ses mots cruels s'étaient glissés en moi et avaient fissuré toute la volonté avec laquelle je tente de me battre, me laissant seul avec les horreurs du passé.

Si ça continuait ainsi, j'allais me mettre à pleurer.  Mais je ne voulais pas.  Surtout pas.  Pas pour lui.  Ce serait une défaite.  Pour le moment j'étais gagnant.  C'était lui qui avait eu tort depuis le début.

Mais je revoyais cette nuit-là.  La fumée et les cris et les larmes.  Et je revoyais, les jours d'avant, les Ravenshill qui nous saluaient comme à l'accoutumée.  Comme si rien n'allait se passer.  Comme s'ils n'avaient pas l'intention de nous assassiner tous.  Comment avaient-ils été capables de se comporter ainsi alors qu'ils savaient ?  Comment avaient-ils pu supporter la culpabilité ?  Ils étaient vraiment abominables. Je n'étais pas comme eux. Je ne l'avais jamais été et en le serais jamais. Mais Robin... Il avait dit que j'avais le profil. Il trouvait que j'aurais pu être comme eux. Non, il ne savait rien. Mais tout de même... Je me demandais, encore et encore.  Me torturait l'esprit, encore et encore.  Ressentait la chaleur et sentait la fumée me brûler la gorge, encore et encore.  Et ces images horribles me firent trembler et je glissai sous les draps comme si cela allait réussir à me faire disparaître.  Et je me mis à sangloter comme un imbécile.  Comme l'imbécile que j'étais, qui se laissait détruire si facilement.  Et qui, en fait, parvenait même à ce détruire tout seul.  Je devais vraiment être un idiot, pour parvenir à faire cela.

Je restai caché jusqu'au matin.  Je ne pleurai pas longtemps, mais même après, je n'avais plus la force de bouger.  C'était toujours comme ça lorsque je sombrais.  Je restais immobile, ressassant d'horribles souvenirs.  C'était un cercle vicieux qui ne s'arrêtait pas facilement.  Les souvenirs engendraient la douleur, qui engendrait plus de souvenirs, qui engendraient plus de douleur.

Lorsque le soleil vint doucement chauffer mon corps et que les oiseaux se mirent à chanter, je n'avais toujours pas réussi à faire quoi que ce soit.  Progressivement, je me relevai et, après une dizaine de minutes, je parvins à sortir du lit.  J'avais une mine affreuse, mes yeux rouges et cernés contemplant avec peine mon reflet dans le miroir.  Il me fallait faire quelque chose, durant ce moment de répit.  Si je ne trouvais rien pour m'occuper, je savais que je replongerais bientôt.

Cette nuit avait été horrible, pour plus d'une raison.  Mais je pouvais au moins affirmer une chose.  Robin Northwoods était une horrible personne.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://northwoods-manor.forumactif.fr


Je suis
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Car tout est de votre faute ? [ PV Drew W. Northwoods ]    

Revenir en haut Aller en bas
 

Car tout est de votre faute ? [ PV Drew W. Northwoods ]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Northwoods Manor :: Formalités et divertissements :: Personnages :: Archives-
Sauter vers: